L’orgue Thomas soufflera sa deuxième bougie

Inauguré en juin 2015, l’orgue Thomas de Wissembourg fête ce dimanche son deuxième anniversaire. Et pour l’occasion, Christophe Mantoux, l’un des plus grands interprètes français actuels, sera aux claviers.

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Construit par la manufacture d’orgue Dominique Thomas (Belgique), l’orgue de l’église Saint-Jean possède un équilibre sonore bien particulier et des couleurs poétiques chatoyantes qui réjouissent amateurs et mélomanes depuis maintenant deux ans. Si sa première destination est d’être au cœur du chant de l’assemblée, l’orgue Thomas se dévoile régulièrement lors de récitals ou de concerts avec ensembles vocaux ou instrumentaux. De tels instruments ont inspiré des musiciens comme Bach, Böhm, Buxtehude ou Scheidemann. Ce sont notamment ces compositeurs majeurs qui seront à l’honneur ce dimanche lors du concert anniversaire donné par Christophe Mantoux.

Un interprète de premier plan

Christophe Mantoux 15Professeur d’orgue au Pôle supérieur (PSPBB) et au Conservatoire à Rayonnement régional de Paris, organiste titulaire de l’église Saint-Séverin à Paris, Christophe Mantoux a étudié l’orgue et l’improvisation avec Gaston Litaize, ainsi que l’harmonie et le contrepoint à Paris. En 1984 il remporte le Grand Prix d’interprétation du Concours international d’orgue de Chartres, à la suite duquel il entreprend une carrière internationale de concertiste qui le conduit en Europe, aux Etats-Unis, au Canada, en Amérique du Sud, en Chine, en Corée du Sud et au Japon. Les nombreux instruments authentiques issus de traditions de facture d’orgue très diverses qu’il a ainsi régulièrement l’occasion de jouer nourrissent sa réflexion d’interprète et d’enseignant.

 De 1986 à 1992, il est organiste titulaire de la cathédrale de Chartres, et, de 1992 à 2011, professeur d’orgue au Conservatoire de Strasbourg ; membre de la Commission nationale des monuments historiques (section des orgues), il est par ailleurs invité comme membre de jury de nombreux concours internationaux et comme professeur pour des masterclasses.

Ses enregistrements ont été remarqués par la critique. Les orgues Thomas ne lui sont d’ailleurs pas inconnues puisqu’un enregistrement consacré à J.S. Bach, à l’orgue Thomas de l’église du Bouclier à Strasbourg, paraît actuellement chez ADF Bayard et en téléchargement sur de nombreuses plates-formes commerciales.

Ce concert anniversaire sera donc l’occasion de (re)découvrir les sonorités si particulières de la manufacture d’orgue nordique par un interprète à la renommée mondiale.

Place à la jeune génération !

La saison des concerts d’orgue à l’église Saint-Jean de Wissembourg se poursuit le jeudi de l’Ascension avec un récital de Thomas Kientz consacré à la musique flamande.

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Un instrument ouvert à tous et polyvalent. Voilà l’ambition de l’orgue Thomas de Wissembourg. Un projet réalisé grâce à son utilisation dominicale quotidienne, aux cours de musique prodigués, à une série estivale de moments musicaux intitulée « L’orgue du marché » mais encore grâce à l’ouverture à toutes les générations. Ce jeudi, Wissembourg accueille l’un des plus jeunes représentants de l’école d’orgue française. Thomas Kientz, organiste titulaire à Strasbourg des orgues de saint-Pierre-le-Jeune protestant, saint-Guillaume ainsi que de l’orgue de chœur de la cathédrale de Strasbourg, proposera un programme original qui nous fera voyager à la lueur des contrées nordiques. De Sweelinck à Bach en passant par Lübeck ou Hurlebusch, c’est un répertoire résolument polyphonique qui raisonnera dans l’église Saint-Jean. L’orgue Thomas fera le reste : inauguré en 2015 l’instrument possède un équilibre sonore particulier et des couleurs poétiques chatoyantes qui sauront donner une plus-value aux pièces interprétées.

Pour ce concert, place donc à la jeune génération avec Thomas Kientz. Né en 1991, Thomas Kientz commence ses études au Conservatoire de Strasbourg, puis se perfectionne à Paris auprès de Vincent Warnier pour l’orgue, et de Nicolas Mallarte au conservatoire de Boulogne-Billancourt pour le piano. En parallèle, il obtient un premier Prix d’improvisation à l’orgue dans la classe de Pierre Pincemaille au Conservatoire de Saint Maur-des-Fossés. Thomas Kientz poursuit ses études au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris auprès d’Olivier Latry, Michel Bouvard, Thierry Escaich, Philippe Lefebvre, Yves Henry, Pierre Pincemaille, Laszlo Fassang, Isabelle Duha, Louis-Marie Vigne. Il y obtient le Master d’orgue, le Prix d’harmonie, le Prix de contrepoint et étudie actuellement dans la classe d’improvisation à l’orgue. Son désir d’approfondir les différentes époques du répertoire l’amène à compléter sa formation auprès de divers pédagogues tel que Louis Robilliard, Eric Lebrun, Lorenzo Ghielmi, Andrea Marcon. Thomas Kientz se distingue par de nombreux prix internationaux. Il développe aujourd’hui une carrière de soliste à l’orgue et d’accompagnateur au piano en France, Allemagne, Suisse, Italie, Belgique ainsi qu’aux Etats-Unis où il était young artist in residence à la cathédrale de la Nouvelle Orléans (Louisiane) d’octobre 2013 à avril 2014. Nul doute qu’il saura, jeudi 25 mai à 20h, combler les oreilles novices et mélomanes lors d’un récital qui s’annonce exceptionnel.

Avec Bach, de l’ombre à la lumière

Gilles Oltz 1 (N-B)La saison 2017 des concerts d’orgue à l’église Saint-Jean de Wissembourg débute ce vendredi par un récital de Gilles Oltz.

Le week-end de Pâques a été choisi pour débuter cette nouvelle saison de concerts d’orgue. En ce vendredi Saint le programme sera entièrement consacré à Johann Sebastian Bach. La musique de Bach ? Sans doute le plus beau moyen de peindre les portraits de la Passion ; une musique touchante, d’une perfection rare. ‬‬D’autant que l’instrument s’y prête particulièrement : inauguré en juin 2015, l’orgue Thomas est en effet inspiré des orgues baroques nord-allemandes. Un type d’instrument qui a influencé le jeune Bach, notamment lorsqu’il a parcouru 400 kilomètres à pied pour assister aux Abendmusiken donnés par Buxtehude à Lübeck, en Allemagne du nord. Un véritable périple au début du XVIIIe siècle.

Gilles Oltz fera découvrir les plus belles pièces du « cantor de Leipzig » pour la Passion et Pâques. Après des études d’orgue aux Conservatoires de Lyon et Paris, où il a pu bénéficier de l’enseignement de Christophe Mantoux ou Louis Robilliard, Gilles Oltz est devenu organiste co-titulaire de l’orgue Silbermann de l’église Sainte-Aurélie et de l’orgue Merklin du Temple Neuf de Strasbourg. Parallèlement à ces activités de concertiste auxquelles il attache beaucoup d’importance, Gilles Oltz se passionne aussi pour l’administration des établissements culturels. Il a obtenu un Master à l’Institut d’Études Politiques de Strasbourg et a travaillé notamment pour l’Opéra Comique de Paris et le Festival de musique de la Chaise-Dieu. Il est actuellement conseiller aux études supérieures à la Haute Ecole des Arts du Rhin à Strasbourg et président de l’ensemble vocal Exosphère dirigé par Jean-Philippe Billmann.

Plusieurs autres concerts d’orgue sont programmés tout au long de l’année à l’église Saint-Jean. Le jeudi de l’Ascension, la place sera laissée à la jeune génération avec Thomas Kientz. Deux personnalités reconnues de l’orgue, Christophe Mantoux et Francis Jacob, seront aux claviers respectivement les dimanches 25 juin et 1er octobre. Enfin, Guillaume Nussbaum et Guy Ferber marieront l’orgue Thomas à la trompette baroque le 15 août.

« De l’ombre à la lumière » – Vendredi 14 avril à 17h à l’église Saint-Jean de Wissembourg – Entrée libre, plateau

Concert du Choeur philharmonique de Vienne à l’église Saint-Jean

Mercredi 12 avril 2017 à 20h00

La musique peut-elle nous réconforter et nous ôter la peur de la mort ? C’est l’effet que Joseph Haydn souhaitait pour son œuvre « Les sept dernières paroles du Christ en croix », œuvre consacrée au Vendredi saint. Divisée en sept contemplations méditatives, la composition laissera l’auditeur à mi-chemin entre la tristesse, la compassion et la consolation.

2017_04_12_Foto Chor Synchron Stage beschnitten 2015La chorale philharmonique de Vienne, à la renommée internationale, interprètera cette œuvre dans sa version pour solistes, chœur et piano sous la direction de Walter Zeh.

 

Entrée libre, plateau

Requiem de Mozart

L’orchestre symphonique de Haguenau, la chorale Vocal’Son et l’ensemble vocal de Saverne donneront ce samedi à l’église Saint-Jean le Requiem de Mozart. Les places sont en vente à l’office du tourisme. 

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La composition du Requiem de Mozart a-t-elle été motivée par l’apparition d’un messager gris venant de l’au-delà, commandée par un mélomane admiratif de son talent, ou par son rival Salieri ? Mozart s’est-il épuisé à la tâche poussé par ses dettes ou sous la pression du mystérieux commanditaire ? A-t-il composé son Requiem en songeant à sa propre mort, qu’il sentait proche ? A-t-il été empoisonné ? A-t-il entièrement écrit son Requiem ou a-t-il été achevé par l’un de ses élèves ? Et si oui quels passages sont de la main de Mozart et lesquels ne le sont pas ?

Si le Requiem compte aujourd’hui parmi les plus belles pages de la musique classique, les mystères planant sur sa composition auront fait couler beaucoup d’encre.

 Il s’avère qu’en réalité, le Requiem fut commandé en 1791 par le comte Franz de Walsegg qui voulait rendre hommage à sa défunte épouse. Il aurait envoyé un messager apporter sa demande de façon anonyme.

Cette même année, la carrière de Mozart décolla. Il composa de nombreuses œuvres, dont la Flûte Enchantée, et reçut des propositions venant de plusieurs pays.

Malheureusement, Mozart mourut avant d’avoir pu achever son Requiem – il n’en aurait écrit que les deux tiers – pour une raison inconnue et auréolée de mystères (donnant lieu à 140 thèses possibles). Poussée par le besoin, Constance Mozart, la femme du compositeur, demanda à deux de ses élèves d’achever la partition. Joseph Eybler compléta la plupart des voix de la Séquence tandis que Franz Jacob Freystädtler orchestra le Kyrie, mais ces deux derniers abandonnèrent l’écriture de l’œuvre sans raison connue. Constance se tourna alors vers Franz Xaver Süßmayr qui semblait dès le départ le plus à même d’achever l’œuvre, puisqu’il avait assisté son maitre dès le début de l’écriture du Requiem. Il compléta les morceaux inachevés et écrivit intégralement le Sanctus, le Benedictus et l’Agnus Dei.

Le Requiem rend par ailleurs hommage à des compositeurs prédécesseurs ou contemporains de Mozart tels que Michaël Haydn, Haendel ou Bach en s’inspirant de certaines de leurs œuvres.

La beauté inégalée de la partition et les mystères qui l’entourent ont fait de cette composition un chef-d’œuvre de la musique savante qu’il faut à tout prix connaître.